ALAIN et JEAN

Nos Poètes Delmontois

 

MON PAYS

Oh mon pays si lointain !
Si beau, si pur, si serein
Je revois encore dans mes souvenirs
Tout ce qui allait être mon avenir.
Que de regrets de t’avoir si tôt quitté
Toi qui avais tant à me donner.
Loin la mer si bleue ! si belle !
Où souvent je me baignais en elle.
 Qu’es-tu devenu mon beau pays ?
As-tu des remords ou de la mélancolie ?>
Je t’ai laissé malgré moi>
Mais tu demeures toujours présent en moi.
 Rien ni personne ne pourra me faire t’oublier
Car dans ma mémoire tu es gravé
Et à jamais je dois te l’avouer
Et cela pour l’éternité.

 Alain   Carillo  /           1981

 

 

SOUVENIRS

qu’il est bon de lire Amitié
Notre beau pays il nous fait rappeler
Si loin mais pas du tout oublié
Car dans notre mémoire il est à jamais gravé
Et le restera jusqu’à notre mort
Avec bien sur beaucoup de remords
De ne plus pouvoir y habiter
Et d’y être enterré.
Que deviens-tu Oran, Alger, Bône et nos autres belles cités ?
Où nous avons parfois longtemps vécus pour certain !
Et par la force des choses avons du vous ‘’abandonner’’
C’était malheureusement le ‘‘cruel’’ destin
A notre profond regret.
Je revois encore mon quartier
Delmonte pour ne pas le nommer
Dans notre belle HBM chérie
Où mon enfance et adolescence j’ai passé !
Que de bons souvenirs de ces années !
Rue dixmude, de l’ourcq, sidi chami
Comme je me languis !
Et s’il y avait une machine à remonter le temps
Je serai partant
Sans me poser de questions
Pour retrouver mes seize ans
Auprès de mes frères, sœur et parents
Et de tous ceux qui faisaient partie de mon environnement
Si chers dans mon cœur
C’était le bonheur.

 Alain    Carillo /           2003

 

 

 

  Roger                                                                         28/07/2005 17h

C’est pour toi mon ami Roger 
Que ce poème j’ai composé 
Pour vraiment te remercier
D’avoir ce site créé
Où Delmontois(es) peuvent se retrouver
Et faire vivre leur ancien quartier
Comme si encore ils y étaient.

Car chacun, chacune peut apporter
Un plus pour pouvoir l’alimenter
En photos, récits, et autres clichés
Pour en aucun cas l’oublier.

Et depuis cette année où il a démarré
Chaque jour apporte une nouveauté
Un bonjour, une recherche, une amitié.
Puisse-t-il longtemps perdurer
C’est ce que l’on doit lui souhaiter
Et qu’un jour aussi, la relève soit assurée
Par nos enfants ou petits-enfants aimés.

 Et alors là Roger
Tu pourras te reposer
Car tu auras bien ‘’bossé’’
Et la mémoire de notre quartier
Sera sauvée
Car même avec le temps écoulé
Elle sera immortalisée.
 

 Alain. Carillo

 

 

L’autre Patrie…. ?

 

Dans l’ombre de mes chagrins vécus,

Respire encore mon cœur meurtri.
Nos vies s’annonçaient sans issue,
Comme un ciel triste sans éclaircie.

Démunis d’argent, sans secours,

Il nous restait que le courage,

Une famille unie d’amour,

Et une valise pour tout bagage.

Même l’ami fidèle, le soleil,

Nous abandonnait lui aussi,

Dans un froid glacial, sans pareil,

Où tout devenait ennemi.
Réimplantés en terre de France,

Que ce fut dur de subsister,

Se justifier en permanence,

Faire admettre notre identité.
L’absence de considération,

Neutraliser mes facultés.
L’injustice, l’incompréhension,

Toujours et encore s’acharnaient.

Nous étions réduits humainement,

Au point de mendier du regard,

Un moindre geste d’accompagnement

Qui aurait pu semer l’espoir.
Freiner une telle situation,

L’hémorragie de la dérive,

Seul le travail, un peu d’argent,

Semblait l’unique alternative.

Je mis un terme à mes études,

Et le temps servit de pansement,

A de bien graves vicissitudes,

Qui m’ont rendu plus résistant.

Cette armure de conséquences,

Mon frère ne l’a jamais portée,

Mon père est parti en avance,

Son cœur trop faible, a succombé.
Voilà le destin que nous eûmes,

Sans rien comprendre de tout cela,

Parce que des hommes fous, je présume,

Nous ont tué une première fois.
Des hommes imbus, vides de conscience,

Vivant sans le moindre scrupule,

Qui ont montré ce qu’est l’engeance,

Et qui devant rien, ne reculent.

jean Llamas ( rue Tirman )

 

L’EXIL

 J’aurai pensé toute ma vie,

A ce que fut mon pays.

Chaque jour, chaque soir,

Chaque  nuit, comme un espoir.

Espoir d’aboutir à quoi ?

Comme si une fleur refleurit,

Quand sa beauté est finie.

Quand dans le cœur d’un enfant,

Tout meurt durant cinquante ans,

Il ne reste que la mémoire

Qui ressort comme un tiroir

Les souvenirs merveilleux

Avant que d’être douloureux.

La liberté de l’esprit,

Fait qu’à sa guise, il agit

Aucune force ne le maîtrise,

Je subis toute son emprise.

L’exil nous a séparé,

L’amour nous a rattaché

Car tout de ma terre natale,

Occupe une place cérébrale.

Comme vous tous, ici, vivez,

Là-bas, pareil j’existais

Alors, comment me comprendre ?

A me lire ou à m’entendre ?

Pour effacer tout cela,

Déchirer la page en moi ,

Par éclair, je crois savoir,

Mais très vite, je broie du noir.

Apporter une solution

Et trouver la guérison

Il me semble qu’en ce domaine,

Non, rien n’éteindra ma peine.

A ma dernière seconde d’horloge,

Inutile qu’on m’interroge,

Et lorsque sonnera l’heure,

En secret avec mon cœur

Je sécherai encore des pleurs

Seul dans ma dernière demeure.

Jean Llamas ( rue tirman )


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