RACONTEZ NOUS DELMONTE

RACONTEZ NOUS DELMONTE

Antoine Roch Albaladéjo 
Louis BELTRA
René MARTINEZ
Pierre FERRER
Pierre FERRER
Lucette CORTES
Roger GUIBAUD
Antoine RUBIO
Robert PEREZ
Jacques COMBES
Blaise François FIGUEREO
Claude GARCIA
Louisou GUIRADO
Henri MARTIN
Danielle MEYER ( Caisso )
Lolo Esposito
Jean-Paul Ruiz
Antoine Rubio
Antoine Rubio
Brigitte Chevallet
André Sansano
antoinette gomez
Jean-Paul Ruiz
Delmonte,lieu de vie
Mon chemin pour l'école
Ma Rue
La Bilocha
De Delmonte à Saint - Eugène
Un Salut à nos Amis Delmontois
De la rue Voltaire à la rue Kitchener
La GARDERIE de la Rue Dixmude
La DCAN
Mon pâté de maison
Le 24 de la Rue Tirman
Le Patronnage de Delmonte
Mon Grand Père
Les Transports en commun sur Delmonte
Le Normandie
Le Toréador
Monsieur Juan ( 49/50 )
Un Delmontois à l'autre bout du monde
Rencontre de 2 Delmontois à l'autre bout du monde
Bijou, un chat pas comme les autres
Le ressentiment d'un exilé
réservé à mes amis delmontois
Delmonte notre quartier

 

 

Antoine Roch Albaladéjo

Salut Roger,
Te décrire Delmonte, ses habitants, ses activités, son architecture…etc… en 2 pages me paraît être une gageure. Enfin , je vais essayer de faire pour le mieux. Voici le texte que je te propose, forcément très synthétique.


LIEU DE VIE

Le quartier de Delmonte était désigné, y compris par nos amis musulmans, comme le quartier « ouvrier espagnol » de la ville d’Oran.
Et il est vrai que la majorité des 10.000 habitants de notre quartier était constituée d’ouvriers, d’artisans, de commerçants et defonctionnaires, et que l’espagnol y était la langue la plus usitée .

Delmonte était pourtant plus varié qu’on ne le pense généralement, dans son architecture comme dans la composition de sa population. Quartier particulièrement vivant et dynamique, on y retrouvait aussi toute la palette des activités de travail et de loisirs qui caractérisaient l’industrieuse et joyeuse capitale de l’ouest algérien.

Etalé entre le boulevard des 40 mètres et les champs au sud, la voie ferrée et la rue Louvain qui, au nord-est, marquait la frontière ( fort perméable ) avec St Eugène, le quadrillage très régulier des rues du quartier, enserrait quelques « patios », cousins germains de celui d’Angustias, mais aussi des immeubles solides comme ceux des H.B.M. aux appartements spacieux si agréables à vivre , ou plus cossus comme ceux qui bordaient l’avenue de Sidi Chami et les boulevards Vauchez ou Henri Martin Sud, avec leurs beaux balcons en fer forgé. Mais on y trouvait surtout une majorité de petites maisons, les unes modestes, d’autres plus conséquentes avec leurs jolis jardins. Souvenez vous de celles de Mr Juan, du docteur Jonca, de la villa des officiers, du petit hôtel de la famille Mounier, des demeures Rieu ou Guilbaud, et de ces coquettes villas du boulevard Pasteur précédées de leurs bouquets de glycines et de bougainvilliers et bordées de ficus!

Les rez-de-chaussée étaient souvent occupés par des commerces, fort nombreux dans notre quartier: épiceries, bars, boulangeries, merceries, confection, quincailleries, bijouteries… et par des artisans; mécaniciens, tailleurs, électriciens, bourreliers, forgerons, cordonniers, cycles … mais on y trouvait aussi quelques beaux ateliers; menuiserie, savonnerie, tonnellerie, ainsi que de belles unités de taille quasi industrielle telles que la teinturerie Martinez, les tansporteurs Mas, Garcia, Gil ou l’atelier de métallurgie, sans oublier les fleurons de Delmonte; les caves Savignon, Schenck, Duquesnay et la Brasserie Algérienne, la fameuse B.A.O.

Voilà pourquoi Delmonte était peuplé par une majorité d’artisans, d’ouvriers, d’employés et de commerçants qui côtoyaient tout un peuple de fonctionnaires et d’ouvriers d’état qui travaillaient aux C.F.A., aux T.R.C.F.A, à la D.C.A.N., aux impôts, à la poste, à l’électricité, à l’inspection académique ou à la mairie d’Oran, auxquels se mêlaient quelques cadres supérieurs et professions libérales; ingénieurs, médecins, officiers, chefs de service, directeurs de sociétés, etc…

La vie de Delmonte était particulièrement riche. Le quartier avait son marché couvert, son bureau de poste, une annexe de la mairie d’Oran, son commissariat de police, sa paroisse et une ligne de transports publics directe avec la ville. Ses rues étaient sillonnées à longueur de journée par les tramways ( puis les bus ) trimballant leurs grappes humaines vers le pont Henri Huc ou vers Victor Hugo, les camionnettes chargées de caisses de bières et les camions de vin descendant et remontant l’avenue de Sidi Chami, vers tous les coins de la province, les marchands d’eau douce chargés de bombonnes , le rémouleur et sa flûte de Pan, le marchand d’oublies et sa crécelle, le vitrier et son tac-tac, la marchande de tripes et sa charrette à cheval, l’aveugle et sa mandoline, les berbères avec leurs gaïtas et leurs tambourins, l’accordéoniste et sa chanteuse à qui nous achetions la partition de la dernière rengaine à la mode ( le tango bleu…y la tantina de Burgos…Ole;! ), Jandorro et ses cacahouètes « por trapo », et tous ces petits bourricots des marchands des 4 saisons, chargés de fruits, de légumes ou de « tchoumbos » qui déclenchaient à leur arrivée des cascades de couffins que les ménagères envoyaient au bout d’une corde depuis leurs balcons, avec la commande et l’argent à l’intérieur et qu’ elles remontaient prestement avec la marchandise et la monnaie. Ajoutez à cela le flot des chalands se rendant au marché ou dans les boutiques, les cavalcades des garçons et des filles allant ou revenant de l’école, les collégiens partant d’heure en heure à Ardaillon ou en revenant, les employés rejoignant l’avenue pour y prendre le tram, ceux qui en revenaient et ces garnements qui occupaient rues et trottoirs avec leurs jeux de casse cous quand ils ne revenaient pas, braillant à tue tête , fanions au vent, du patro ou d’une sortie aux genêts, aux planteurs ou tout simplement au « campico »;…et cela vous rappellera combien notre quartier était vivant, chaleureux et coloré.

Mais on ne peux pas parler de Delmonte sans citer les trois pôles d’excellence qui animaient aussi notre quartier.

Mr Juan, notre directeur d’école tout d’abord qui, avec sa remarquable équipe ( MMrs Salvador, Schneider, Gomar, Botella…Mmes Guillem et « la gordica »…et tous les autres ) participait largement à l’éducation des enfants, à leur orientation scolaire et à leur réussite, qui passait le plus souvent par l’acquisition d’un bon métier avec un certificat d’études et un C.A.P. en poche. Les plus doués pour les études étaient repérés et préparés au concours de la bourse puis dirigés en presque totalité vers Ardaillon qui offrait des possibilités plus larges que le lycée ( moderne, commerciale , industrielle et technique ) . Il faudrait un livre pour raconter les classes surchargées, les exercices exécutés sur le dos des affiches au crayon une première fois, puis à l’encre, dans tous les sens pour économiser le papier, les préparations multiples aux examens; chemins de fer, marine, poste etc…la reprise en mains des anciens le soir sur la galerie, la méthode V. P. ( vinga palos ) ou celle du tirage des « paticas », les corvées de jardinage et les brillants résultats que tout cela donnait.

Le père Marc ensuite, qui, reprenant la suite de Mr Henri, créateur du 1° patro laïc de Delmonte ( avec ses équipes Bayard -vert et jaune- et Foch -rouge et bleu ), a fait de notre Dame de la Miséricorde une paroisse active et dynamique et de son patro le plus grand groupe de « Cœurs Vaillants » de France, un bon club de volley-ball ( le Club Notre Dame ) et un lieu d’éducation et de loisirs fréquenté par tous, catholiques mais aussi juifs et musulmans qui le souhaitaient. Là encore, comment décrire en si peu de mots les messes chantées, les processions, les reposoirs et les rues parsemées de fleurs pour la Vierge Marie, les mois de Marie, les colonies de vacances à Bouisseville, les sorties à St Roch, les jeux de pistes, les batailles de foulards et la fantastique kermesse avec ses stands, ses voitures offertes par Renault ou Peugeot pour la tombola, son radio crochet, son courrier du cœur, ses enchères à l’américaine et son bal pour terminer !

Nombreux sont ceux qui, parmi nous, doivent une fière chandelle à ces deux hommes – Mr Juan et le père Marc - et à leurs équipes qui tenaient à bout de bras une bonne partie de l’éducation et de la vie de notre quartier.

Je connaissais moins bien le troisième pôle qui devait être une sorte de comité de quartier créé autour du club de football ( modeste J.S.D. pillée de ses meilleurs joueurs par le C.D.J , l’A.S.P.O., la J.S.S.E. et les clubs corporatifs ), le cercle bouliste, plus glorieux et couvert de trophées, et quelques commerçants ou notables. Je sais cependant qu’il nous organisait chaque année l’une des plus belles fêtes d’Oranie. Souvenez vous de la place de Delmonte transformée en salle de bal et de concert ( on y a vu Luis Mariano ). On en sortait pour descendre le boulevard Henri Martin bordé de chaque côté par une multitude de baraques au touche à touche; loteries, tirs à la carabine, jeux de massacres, fléchettes, pêche à la ligne, barbe à papa, pralines, brochettes, mersas… et on débouchait sur la place Pasteur où s’étalaient les manèges les plus modernes de l’époque; chenille, autos tamponneuses, star, fer à cheval, carrousels…Quelle ambiance mes amis, comme nous nous amusions, que nous étions jeunes et insouciants… heureux, quoi;

En dehors de la grande fête annuelle étaient aussi organisées des sorties en autocars avec pique-nique à Aïn Franin ou dans la forêt de M’sila, des randonnées à bicyclette …et l’arrivée chaque année du cirque Antonio et de la troupe du Gitano Blanco : deux mois d’excellents spectacles assurés !

Mais la vie des familles et du quartier était aussi marquée par les grands classiques : le pèlerinage à Santa Cruz et celui de Misserghin, les bals du jour de l’an qui se terminaient par les « tallos » et le chocolat chaud, les festivités du carnaval avec l’enterrement de la sardine et le bal masqué, les critériums de l’écho d’Oran au bvd des 40 mètres, les concours de bilochas avec les « corta hilo » et les fogueras de la St Jean avec les pétards et les fèves bouillies au cumin, les premières surprises-parties aux H.B.M.…et j’en oublie sûrement.

Enfin, lorsqu’à la belle saison, qui durait si longtemps chez nous, les soirées s’allongeaient, les trottoirs de Delmonte bruissaient des conversations et des rires des adultes qui prenaient le frais et les rues retentissaient des cris et des cavalcades des enfants se livrant sans retenue à ces jeux qui vous sont décrits par ailleurs : capitoulé, 4 coins ….

Voilà, je ne prétends pas que Delmonte, c’était mieux, ou que c’était moins bien ailleurs, je dis simplement que Delmonte c’était tout cela, un quartier vivant, coloré, travailleur, joyeux, une population homogène, chaleureuse et solidaire qui vivait à l’heure espagnole. Ce n’était pas le plus beau quartier d’Oran, ce n’était pas le plus riche, ni le plus chic, mais dans nos rues écrasées de soleil et derrière nos façades blanchies chaque année et agrémentées de fleurs, nous étions si heureux que nous ne nous en rendions même pas compte.

"Antoine-Roch ALBALADEJO

">Dit « Toinou », des; « HBM »

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Louis BELTRA

Mon chemin pour l'école

J'ai vu et revu avec beaucoup d'intérêt notre rue Kitchener (avec une ) qui a beaucoup changé.

Les HBM nous rappellent; encore nos amis d'antan, les Viciana , Alcaraz, Serier, Moya , la famille Salmeron en face des HBM à côtè de la boulangerie .... et beacoup d'autres .

Du n° 12 où j'habitais, pour aller à l'école, je passais entre la maison Toremotcha et la cour où habitait les familles Mas, Magro, Esclapez puis je passais devant la maison de Mr. Juan, la maison de Mr. Rieu , celle de Mm Piovanacci .En face habitait Mr Guibaud patron de la tonnellerie du même nom, je ne me souviens pas qu'à cet endroit existait une bijouterie. Et enfin je passais devant ta maison,  le n°17 pour me trouver au coin de la rue Dixmude où existait dans le temps une petite cave Les clients venaient acheter du vin au détail et le commerçant devait s'appeler Mr Botella. Puis je me dirigeais vers notre école après être passé devant les HBM, ,je traversais un petit terrain vague et j'arrivais devant le bar de Mr Lega qui plus tard est venu habiter à la place Pasteur.

Amicalement

Louis Beltra :

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René Martinez

Ma Rue

Je m'appelle Martinez René, je suis né en 1937 à Oran, j'habitais au 7 rue du Vieil Armand à Delmonte

Dans cette rue nous étions de nombreux enfants dont :

Jean pierre Torres qui habitait au bout de notre rue, près de la maison des parents de Mr Schneider l'instituteur

Jean pierre jouait de l'accordéon. Un certain jour de notre jeunesse, nous étions une bande de copains qui avions décidé d'aller passer la journée à la plage, il me semble que c'était la plage de Ain El Turc ou les Andalouses, nous nous sommes attablés à la terrasse d'un café et Jean Pierre a joué de l'accordéon et moi je chantais. Le patron du bistrot qui avait apprécié notre mini concert qui attiré du monde, nous fit grâce de l'addition.

Jean pierre était handicapé d'un oeil.
Son frère si ma mémoire est fidèle se prénommait Robert. Sa maman travaillait à l'hopital d'Oran et son cousin dirigeait un orchestre

Tout cela est encore présent dans ma mémoire et y restera à jamais.

Quand à toi, j'ai connu un Ortega dont je ne me souviens pas pour le moment de son prénom, ce qui n'empêche que je suis contant de te lire et de parler de notre jeunesse passée là-bas.

Mon adresse électronique


Je te remercie de passer ce message,

j'aimerais avoir des nouvelles de Jean Pierre

Salut Roger à bientôt

René Martinez

 

 

Pierre FERRER
La Bilocha

A l’approche du mois d’avril quel bonheur de voir ce drôle de ballet  dans les rues de Delmonte à Oran.

Les jeunes se promènent  les bras chargés de roseaux. Pas un morceau n’est abandonné par terre. Dans les champs, autour des jardins et pour les plus chanceux d’entre nous, le long des plages, nous dénichons partout cet objet précieux qui va occuper la plupart de nos heures de liberté avant le grand jour.

Nous devons nous assurer aussi, que nos mères ou grands-mères cachent quelque part un paquet de bonne farine, élément tout aussi stratégique que le roseau pour la suite des opérations.

Le plus facile à récupérer est le papier journal que l’on trouve un peu partout.

Mais parfois, lorsque nous passons la devanture d’un marchand de couleurs,nous regardons avec envie les beaux rouleaux de papier aux couleurs translucides en imaginant les merveilles que nous pourrions réaliser à l’aide de ces papiers qui remplaceraient avantageusement le journal.

 Maintenant il faut négocier l’achat d’une bobine de ficelle, et ce n’est pas gagné d’avance.

 -Tout d’abord ou est passée la bobine que je t’ai achetée l’année dernière ?

 Voila la première question qui nous est lâchement posée par les parents.

Puf  corré y bousca !!! Où elle était passée cette bobine ?

 Bon on peut toujours argumenter que maman l’a utilisée pour attacher les poulets qu’elle fait rôtir, mais là elle nous répond par retour  que ce sont en effet bien  des poulets et pas des tyrannosaures qu’elles nous fait rôtir.

Bueno il faut trouver autre chose.

De fil en aiguille on arrive à négocier des progrès en français ou en maths contre une bobine de fil.

Aujourd’hui, avec toutes les bobines de fil qu’on m’a achetées, je devrais être une encyclopédie vivante !

 Avec la bobine de fil tous les ingrédients sont réunis pour commencer à travailler.

En général cela se passe le mercredi  matin ; nous nous réunissons à deux ou trois autour d’une table et l’opération commence.

Il s’agit d’abord de couper les roseaux ; la première polémique est ouverte.

Lune, barillété, bacalao, ou autre, quelle sera la forme adoptée.

Là une discussion digne d’un conseil d’administration d’un géant international se met en route et nous ferait perdre une partie de la matinée si celui à qui appartient le matériel ne finissait par dire :

 - Hé c’est à moi les roseaux et la ficelle, je préfère un barrileté, donc je coupe pour un barrilété.

 

Sitôt dit sitôt fait, les morceaux de roseaux se retrouvent coupés et en croix, tenus au centre par un vieux clou rouillé et tordu alors que les deux autres compères continuent à vanter les performances de la formes lune si le vent n’était pas au rendez vous.

Moment délicat s’il en était, tendre les roseaux à l’aide d’un bout de ficelle tout autour afin de donner sa forme à la surface qui sera recouverte de papier.

Tel un chirurgien, nous manipulons avec précautions les extrémités des roseaux en mesurant chaque espace pour assurer le moins de coumba possible. Hé oui rien de plus désagréable que de s’entendre dire par les voisins :

 -Qué coumba qu’il a, dit, il penche du coté qu’il va tomber !

 Pour un montage de luxe, une deuxième ligne de ficelle est installée vers l’extérieur des roseaux et sert à monter les volants. Rappelez-vous, ces bandes de papier pliées et repliées qui, vibrant au gré du vent produisent une douce musique … de là-bas !.

 La phase style arrive maintenant, la mise en place et le collage du papier.

Mais tout d’abord il faut préparer la colle.

Quel moment délicieux ; on se prend vraiment pour des chimistes voir des alchimistes.

Il faut doser la farine et l’eau de telle sorte à faire de la colle mais pas de la gatcha.

La qualité de notre réalisation va en dépendre et un moment de concentration est observé par tous; même la discussion sur les performances de la lune s’interrompt pour permettre au magicien de mener à bien son alchimie.

Mission accomplie le découpage du papier peut commencer.

C’est avec beaucoup de minutie que nous découpons le papier, car une bande trop large  donnerait du poids en excès et une bande trop étroite ne permettrait pas le collage du papier autour du fil.

Cette phase est suivi par tous sans broncher, trop conscient de son importance, et l’opérateur est super concentré sur sa tâche ; pour garantir la qualité de son travail bien sûr, mais aussi afin d’éviter de se faire huer par les copains en cas d’erreur avec des réflexions comme :

 -Qué gavatcho même pas savoir couper droit. Tu es bisouche ou quoi ?

 Ou alors

 -Bailla un torpé il est borracho de bon matin qu’il zigzage avec les ciseaux !

 Enfin coupé et collé, notre travail prend forme et les volants sont du plus bel effet.

C’est maintenant le moment crucial de la réalisation ; le montage des étirants. Toute une technique de précision. La combinaison de la longueur de chaque étirant avec son inclinaison par rapport à la surface du papier vont être décisif pour la performance. Là encore chacun va défendre sa technique et les arguments fusent comme d’habitude :

 -Qué bruto cuila tché,  c’est pas une charrette qu’on fait non ?

 -Ils sont trop longs tes étirants et ils sont tordus, il va faire des bortelettes avec ça.

 Etc…Etc….

 Puis, il faut trouver des trapos pour faire la queue. Tout est bon : vieux slips, vielles chemises, des bas, des chaussettes etc.… et le contre poids se fera au champs pendant les essais.

 Voilà la bilocha est prête.

 A cette époque on pouvait voir les mères et les grands-mères se rendre dans les boulangeries chargées de belles demies sphères de pâte fraîche qui deviendraient bientôt de succulentes mounas.

 Le grand jour arrive enfin, le vent est au rendez vous.

 C’est une superbe journée d’avril, tous les jeunes du quartier descendent par petits groupes le boulevard Henri Martin, l’avenue de sidi Chami, la rue de Dixmude ou encore la rue de Louvin et se dirigent vers le grand champ leur bilocha sur le dos. Une ambiance de fête règne dans les rues et les yeux de tous ces enfants brillent de bonheur. 

Toute la famille les accompagne, chargée de cabassets dans lesquels on devine les victuailles de la journée ; les bouteilles d’eau, de vin et d’anisette et bien entendu les mounas ; certaines couvertes de fruits confits et de gros morceaux de sucre, les autres avec des œufs durs à moitié enfoncés dans la pâte.

Le jour de Pâques est arrivé et sera célébré comme d’habitude en faisant monter les bilochas vers les nuages pour rappeler la montée du Christ au ciel.

Le spectacle au grand champ est merveilleux. Toutes ces bilochas aux couleurs diverses dessinent des dizaines de lunes bariolées dans le ciel d’azur juste teinté des traces blanches des nuages d’altitude.

Par petits groupes les familles, réunies autour des gamins fiers de tenir la pelote de ficelle qui les relie à la bilocha, dégustent ce merveilleux moment de tranquillité.

Parfois une bilocha descend du ciel en se balançant de droite à gauche comme sil elle était saoule et on entend des cris de partout

-Corta ilo

-Corta ilo

Un jeune garçon, que l’on imagine très malheureux, court derrière sa bilocha, son fil s’est coupé, dans le meilleur des cas, s’il retrouve son bien, il sera fort abîmé.

 Les plus  petits courent et s’amusent comme des fous mais n’oublient pas de revenir chercher de temps à autre de beaux morceaux de mounas qu’ils iront déguster en courant dans l’herbe.

 Peu à peu  le ciel s’assombrit car la journée prend fin et une à une les bilochas redescendent du ciel, lui rendant sa grandeur infinie.

Par petits groupes les familles prennent le chemin du retour, étourdies par tant de chaleur après cette belle journée passée au grand air.

J’entends encore cette chanson qui clôturait tous les ans cette merveilleuse journée :

 Ya stémos aqui

Ya stémos aqui

Viva la mounas viva la mounas

Ya stémos aqui

Ya stémos aqui

Viva la mounas y el mes d’avril.

  

Pierre Ferrer

 

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Pierre  FERRER

De Delmonte à Saint - Eugène

Nous sommes samedi .Un beau samedi matin de printemps.

            Je descends les trois marches qui mènent dans ma cour et suis ébloui par le soleil qui me salut comme pour s’excuser de la pluie de la nuit.

La cour ressemble à un petit port de pêche avec toutes ses voiles de couleurs bariolées qui dansent balancées par une faible bise .C’est le linge de tout le   voisinage étendu aux fils de fer tendus par de longues branches de bois séché.

Je traverse mon port imaginaire en saluant les femmes qui étendent leur linge tout en discutant.

La pluie de la nuit a mouillé la terre et je marche sur les cailloux pour ne pas salir mes souliers fraîchement cirés.

J’arrive devant le vieux portail en fer rouillé et salut la charcutière qui rentre chez elle une bassine d’étain vide à la main : elle a fini d’étendre son linge.

      --Bonjour madame Sanchez

      --Bonjour Pierrot, comment va ta grand-mère ?

      --Bien madame Sanchez, bien, merci

Je m’approche du portail et tire dessus pour l’ouvrir. Il me salut par son grincement caractéristique, une mélodie  à laquelle nous sommes tous habitués depuis plusieurs générations certainement.

Je prends la rue Tirman à gauche et tout de suite le boulevard Henri Martin encore à gauche pour monter vers la place de Delmonte. 

Le soleil éclabousse ce coté de la rue et au passage devant la charcuterie je revis un instant la scène de la veille au soir quand nous prenions le frais.

Qu’il est bon de se souvenir de ces soirées ou nous sommes tous réunis .On prend  le frais (la veillée) devant la charcuterie.

Tout le monde est  là et les discutions vont bon train. J’entends encore les rires des uns et les exclamations des autres.

Parfois, assis sur le bord du trottoir la tête sur les genoux, bercé par toutes ces histoires, mon esprit s’évade et les voix s’éloignent peu à peu, alors je plonge dans un demi sommeil.

Heureusement un éclat de  rire général me surprend  et  me ramène aux fils des conversations où les blagues se succèdent à tour de bras.

Sur ce boulevard, qui n’est  pas plus large qu’une ruelle, les marchands de toutes sortes vantent leur marchandise :"   Patatas, tomates, pimientos !! Di  œufs       frais !! Pescados frescos !! Lot…..trie !!"    

Les ânes tirant des charrettes  chargées de montagnes de  fruits et  légumes fraîchement ramassés se suivent et les ménagères sélectionnent les produits en commentant les dernières nouvelles.   Les journalistes de l’écho d’Oran feraient bien de venir ici prendre leurs nouvelles, elles seraient plus fraîches que celles de leur papier.

Sur la place de Delmonte je prends à droite le boulevard Vauchez en direction de Saint Eugène. "  Tiens un carrico de calentica quelle chance!"

Je m’arrête deux minutes le temps de prendre un bon morceau de calentica bien chaude ,  coupé avec une spatule de plâtrier , bien saupoudré de cumin et posé  sur un morceau de journal. Hum que c’est bon le matin.

Je remonte le boulevard Vauchez. Au passage devant les boutiques les senteurs de toutes sortes m’enivrent un peu : les olives sous toutes les formes, cassées, coupées, au poivron, aux amandes, les tramoussos, toutes sortes d’épices, le parfum de l’huile d’olives pompée au détail dans les grands barils métalliques, l’odeur si particulière du savon en morceaux, les sardines salées en éventail dans leur tonneaux et bien d’autres trésors encore. Quelques flaques d’eau témoignent de la pluie qui est tombée pendant la nuit et je m’amuse à regarder danser des volutes de buée qui montent du sol aspirées par les rayons du soleil qui se font déjà sentir à cette époque. Alors que je passe devant l’Alhambra je m’étonne de voir les grilles ouvertes et des gens qui font la queue afin de réserver les places pour la séance du soir. Au croisement du boulevard avec l’avenue de Saint Eugène l’église est là, à l ‘ombre de son tilleul les branches chargées de feuilles d’un vert tendre de printemps. Vivement  la prochaine kermesse.

Je tourne à droite vers la place de Saint Eugène. L’avenue est bien plus calme à cette heure que le soir pendant le (Boulevard). Tiens voilà l’ ABC en face. Cette salle de danse qui a vu danser mes parents quand ils étaient jeunes et qui me verra danser longtemps ainsi que mes enfants si Dios quiéré …!!!  

J’arrive rapidement au coin de la place.

De là je vois en face le kiosque à tabac, le kiosque à musique au centre de la place, le marché couvert et j’entrevois même l’Olympia dont les grilles sont aussi ouvertes pour la réservation des places. Au coin, à ma droite, depuis le juke -box du  bar «  Les quatre as », Elvis me retient un instant avec : « Don’t be cruel. » Mes copains ne sont pas là et je continu.

Un peu plus loin sur la gauche, je jette un œil à l’autre bar ou ils peuvent être. Je m’approche, et là c’est Brenda Lee qui me chante : « I’m sorry. »  Je le suis sorry, parce que mes copains ne sont pas là non plus.  Il fait tellement beau et les filles sont tellement belles au printemps que je décide de pousser la promenade jusqu’à la librairie papeterie un peu plus loin. Non décidément pas l’ombre d’un pote. Je suis inquiet nous devions nous rencontrer ce matin afin d’organiser la boum de dimanche : l’enjeu est de taille !

Alors que je rebrousse chemin, en passant devant le bar d’en face, je constate que Brenda Lee a cédé sa place à : «  Rock around the clock « . Ce super Bill… quel rocker !

De gros mais rares nuages blancs en retard sur l’orage du soir courent dans le ciel azur  à la recherche de leurs congénères tombés en pluie pendant la nuit. Ils ne les rencontreront jamais.   Au fond, la montagne de Santa Cruz  se détache dans le ciel bleu dominant la ville de sa masse tranquille et rassurante tel le sphinx égyptien.

Une douce chaleur de printemps nous caresse et les odeurs se font plus fortes. De retour au bar   « Les quatre as «  ils sont là enfin : Vincent, Roger, Miloud et Georges : agrippés au baby foot. Les voix des Platters les bercent avec rythme :

       -Oh yes i’am the great pretender

       -I am wearing my heart like a crown

       -Pretending that you’r still around………..

 Alors que je m’approche, un bruit sourd de liège qui cogne sèchement la tôle indique un but. En guise de salut ! Voilà ce que je reçois : «  Borria Pierrot tu nous as porté la sorra ! « 

Afin de garder une contenance je m’éloigne vers le zinc que les plats d’escargots et de sardines grillées embaument à l’heure de l’apéritif et commande un lait grenadine. Le juke -box se met à grésiller et Juanito Valderrama nous chante:

        -Cuando sali dé mi tierra-

        -Volvi la carra llorando

        -Porqué lo qué mas quéria

        -Detras mé lo iva dérando….."

                                           J’avais 16 ans et  c’est bien plus tard que j’ai compris la signification de ces deux chansons.

     

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Lucette CORTES

Un Salut à nos Amis Delmontois

 

Mes chers Amis,

 

Vous vous rappelez

Comment oublier

Obligés de partir

Loin de nos souvenirs

Terrible exode dans la douleur

Ils ont la plus belle place dans mon cœur

Juste pour garder un peu de bonheur

Les images avec vous partagées

Qui ne me quittent vraiment jamais

Déjà floues mais encore lumineuses

Jeunesse et adolescence heureuses

Recevez mes pensées affectueuses

 

Lucette CORTES 

Florissante Année 2006 à tous, en espérant le plaisir de vous retrouver prochainement

 

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 Roger  GUIBAUD

De la Rue Voltaire à la Rue Kitchener

En recherchant sur les anciens actes notariés de mon père à Delmonte j'ai découvert à la page # 2 que la rue Kitchener s'appelait primitivement la rue Voltaire. Nous en avons la confirmation à la page # 5 lors ce qu'il est convenu que la mise en viabilité de cette rue Voltaire serait à charge de Mr. GUIBAUD.
Cela peu se comprendre puisqu'il n'y  avait à l'époque que quelques maisonnettes sur toute la rue; c'est à ce moment là qu'elle changea de nom.
Je garde un souvenir d'enfance concernant l'état de cette rue. Ainsi, lors ce que l'hiver ma mère était contrainte de descendre en ville, mon père faisait installer un ponton de madriers, posés sur d'énormes briques , tout au long de la rue Kitchener jusqu'au Boulevard de Sidi-Chami.
Sur ce même acte notarié # 7 et 8 nous voyons apparaitre le nom de la famille DELMONTE propriétaire dés l'origine, de tous ces terrains extra-muros,  allant depuis le Boulevard des 40 métres jusqu'au grand champs de Cavaignac.
Je t'adresse ces quelques renseignements qui pourront peut-être t'intéresser.... Je te ferai parvenir dans quelques jours l'historique de l'arrivée de mon père à Delmonte.  

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Antoine RUBIO

La GARDERIE de la Rue Dixmude

J'ai un souvenir qui remonte à ma mémoire , de mon quartier Delmonte: je suis Antoine Rubio de l'av de Sidi Chami je suis né le  11-11-1935: j'avais trois ou quatre ans j'allais dans une maternelle ou une garderie , je ne sais pas exactement, cette garderie se trouvait dans ce qui fut par la suite le marché de Delmonte, je revoie Muto(?)et des jumelles qui avaient des vêtements à carreaux, si elles se reconnaissent.....Les plus anciens que moi ou ceux de mon age doivent s'en souvenir, pour tous les autres gosses qui étions là , les noms et les visages se perdent dans le brouillard de la vie....?

Mais j'espére qu'il y en a encore  beaucoup  parmi nous .J'en profite pour embrasser toutes les Delmontoises et tous les Delmontois   

 Antoine(Toinou pour ceux qui me connaissent)

 

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 Robert  PEREZ

La   DCAN

Voila comment une petite rectification d'E-Mail nous amène à parler de la 
DCAN et de Delmonte

Mon cher compatriote
Je reçois parfois des messages relatifs ou concernant Robert PEREZ (le cycliste)
L'explication est simple: dans le carnet des adresses, Robert PEREZ est noté avec le
 
Il s'agit sans doute d'une confusion de tes fichiers, car cette adresse est la mienne depuis 2001 date de mon retour en France.
 
Je suis Robert PEREZ né le 03/08/1942 à Aïn Témouchent.
Résidant à Oran de 1952 à 1960 date de mon entrée dans l'Armée de l'Air à Rochefort.
Marié à ma fiancée (d'Oran) je suis à la retraite après avoir passé 25 ans à l'étranger (1976-2001).
Oran
1953 à 1956 chez les Salésiens de Bouisseville.
1956 à 1959 École des Apprentis de la Marine DCAN avec les Delmontois (Gérard GIMENEZ-Pierre FERRER-et toute l'Équipe préparée par le Célèbre Monsieur JUAN, que nous avions appris à connaître tant les "issus" de ses classes, en parlaient.
1959- 1960 Employé une année à la Base de Larbal-DCAN comme câbleur Avion.
A cette époque, j'ai connu ma première surprise partie, en écoutant le Francis LINEL....C'était en février 1959, chez la grand-mère de Pierre (Pierrot) FERRER, qui avait un tout petit appartement sur la place de Delmonte. Sa grand'mère était une PÉREZ aussi, avec des cheveux blancs magnifiques.
Puis Pierrot et sa soeur Gaby ont habités Lescure, tout comme moi. Nous étions dans la même "bande", jusqu'à mon départ pour l'armée (engagement par devancement de l'appel à 18 ans). La motivation principale étant de vite en terminer avec les obligations militaires pour rapidement se marier....car à l'époque, "tu touches pas" si t'est pas marié !!!!
"Et tu peux pas te marier si t'as pas fait ton service"....les temps ont bien changé......
A Rochefort j'étais encore avec l'ami Gérard GIMENEZ (avec qui je suis en contact) et d'autres oranais (le cousin de Pierre Ferrer de Sidi Bel Abbés).
Je me suis marié le 4 Août 1962 (20 ans et un jour) dans le grand chambardement.....à Aix en Pce, où avait atterri ma fiancée, sans sa famille, qu'elle avait perdu de vue au moment de l'exode.
Depuis j'ai la chance d'être le papa de 4 enfants (43 à 35 ans) et de 8 petits enfants.
Après l'Armée j'ai fait une carrière dans l'Electricité Industrielle-Pétrochimie, puis je suis entré dans un Groupe Pétrolier et c'est ainsi que depuis 1976 à 2001 j'ai été expatrié.
 
1976-1993 (17 ans) dans les pays du Golfe Persique (Abu-Dhabi, Dubaï, 4 ans on-shore et 13 ans off-shore).
En 1993 je suis parti installer des agences de constructions pétrolières en Amérique du Sud pour une société privée.
J'ai ouvert des points de production au VENEZUELA, à Caracas (j'en ai parlé avec Albaladéjo qui y était en poste) ,Maturin, Puerto la Cruz, et aussi en COLOMBIE à Bogota et Yopal.
J'ai demandé à rentrer en France la dernière année pour préparer ma retraite que j'ai prise en 2002.
Je me suis installé à Aix en Pce, au milieu de mes 3 filles (Puyricard-Salon-Marseille).
Je me rends tous les ans à Singapour pour visiter mon fils aîné, qui est Project Manager de Bouygues Singapour, où il réside depuis 10 ans, ce qui nous permet de profiter également de nos petites filles éloignées.
J'avais gardé le contact durant les années 80-90 avec Pierre Ferrer (Région Parisienne) puis...... on a tellement de choses à faire à la retraite....mais j'ai l'intention de renouer avec lui.
Tu peux retrouver trace de mes activités "internautiques" sur le site des HLM de GAMBETTA Oran, dont le Web-Master est André SCHWEITZER;
Je lui apporte tout mon soutien en matière de cartographie, topographie, dessins, organisation de nos rencontres.
Pourquoi les HLM de Gambetta: Parce que c'est là que ma mère (veuve avec 5 enfants-employée comme infirmière à l'École Normale) habitait avec mes frères et soeurs. Moi, entre le pensionnat, les séjours chez les grand-parents, l'armée, j'y habitais de façon intermittente.
Voilà mon cher, un bien long discours pour une petite rectification d'E-Mail.
Ah, j'ajoute quand même, que quand j'étais gamin, j'étais pas peu fier de voir en grand le nom de Robert PEREZ dans la page sportive. Dommage, je ne l'ai jamais connu. Mais régulièrement (à cause de ton carnet d'adresses) je reçois des messages de Delmontois, me demandant de mes nouvelles... je réponds d'ailleurs en leur disant qu'hélas je ne suis pas ce grand coureur.
Un dernier mot pour te féliciter, te remercier, toi qui comme quelques-uns, se battent, jouent les locomotives, pour faire en sorte que la mémoire de nos quartiers perdure le plus longtemps possible.
J'ai construit une maquette de mon quartier, avec le maximum de détails.
Maintenant que tout le monde a donné son avis, ses précisions, j'envisage de la réaliser en plus grand.
Ton site est bien fait. Mes compliments.
Si tu trouves celui des HLM Gambetta, fais le moi savoir.
Fraternellement
Robert PÉREZ HLM Gambetta Oran

SUITE

Salut ROGER,
Attention, je n'ai pas dit que j'avais été en classe à Delmonte.
Je disais juste qu'à l'École de la DCAN, il y avait un fort contingent d'"issus" de chez JUAN.
Chaque promotion comptait (au milieu des années 50) comptait environ 120 apprentis.
Sur ces 120 admis on peut dire que 35 à 40% "venaient" de chez JUAN.
Les autres, venus des classes de 4°Ardaillon, 4°Lamoricière, Gambetta Annexe, Edgard Quinet, ou Métropole (pour les fils d'employés de la DCAN France) et à de rares exceptions, comme moi et Domenech de chez les "Curés".
Nous finissions tous par savoir qui était JUAN et les Écoles de DELMONTE, tant la proportion d'élèves  de ce quartier était importante dans chaque promotion.
En début de 1ère année, ils étaient nombreux à se connaître, et formaient donc une sorte de "coterie" solidaire.
 Ce côté "anciens combattants de chez JUAN" s'estompait ensuite un peu ( je dis seulement "un peu"), car les groupes se reconstituaient en fonction des Spécialités Techniques dans lesquelles nous étions affectés et des classes d'enseignement général, mais un ancien de chez JUAN, le demeure pour le reste de sa vie (pas vrai Pierrot ?), et un ancien de chez "les Salésiens de Bouisseville" itou.
Histoire de faire maronner ces "anciens Juan", je dirai qu'ils étaient FORMATES pour le concours d'entrée aux différentes Écoles Professionnelles.
Préparés, harcelés, conditionnés, par le système "JUAN" qui voulait que TOUS ses élèves qui n'avaient pas entamé une scolarité secondaire de type Collège ou Lycée, ou bien qui avaient "bifurqué vers le technique", soient admis soit à la DCAN (le must) ou aux CFA (Chemins de Fer) et éventuellement au Centre Technique de Karguentah.
Heureuse époque, où l'alternative d'apprendre un Métier Technique, constituait non pas une "tare", mais une alternative positive, et pour mon cas, une solution au problème économique que constituait la poursuite d'études au Lycée ou en Internat.
Pour ma part (problème économique), j'avais quitté mes chères études classiques...et dit adieu au latin, grec et autres spécialités de l'école privée.
Classé 1er élève de France sur 15096 au concours des écoles privées en 1955, j'étais la "gloire" de l'École des Salésiens, "preuve vivante" de la qualité de leur enseignement.
Quand ma mère leur expliqua, en mai 1956, qu'elle "m'enlevait" de chez les curés, ne pouvant faire face au coût de la pension, ils essayèrent de me garder, en lui accordant la gratuité de mon hébergement.
Ma mère refusa. J'ai donc passé, le coeur gros, ce fameux concours, sortant de classe de 5°, et face à des "sortis" de 4°, et pire, à des "formatés par JUAN", dont le programme d'enseignement était calqué sur les épreuves du concours.
Rage ou pas, toujours est-il que je fus admis en 9° position sur les 120. (Antoine Rodriguez dit "Parajito" arrivé 1er avec le matricule 50432 et pour ma part 50440.....
La promotion 56-59 étant ouverte à ceux nés en 1941 et 1942, on avait des écarts de presque 24 mois entre les "plus vieux" et les plus jeunes.
A cet âge là, ça compte, entre ceux qui commencent à avoir "les bigotés" et les plus jeunes comme moi, (1.44 mètre, 44 kilos...).
Ca faisait rien: on compensait en se faisant remarquer, parfois par notre indiscipline, et "jaquecos" comme c'est pas possible.
Qu'est ce que j'ai pu ramasser comme "calbotes" de la part des "grands" en première année.
Par la suite, l'écart physique s'atténuait...et seuls les résultats scolaires comptaient.
Allez, histoire de faire râler "les JUAN", j'ajouterai qu'à la fin de la scolarité d"apprentissage DCAN, à l'examen du DAM, c'est moi qui suis sorti avec la meilleure note.! ! ! Toma pa (ra) ti Pierrot, Pajarito, Gimmy, Boffa, Delage, Pampliega, Martinez, Valerino, Tomas, Sanchez, Fernandez, Lopez, Carabajal y los otros ! Je m'étais donc d'autorité "bombardé" Major de Promo, titre qui n'existait d'ailleurs pas....
Et aujourd'hui, si on faisait une enquête sur ce que sont devenus ces anciens Apprentis, on serait surpris. Une qualité qui les réunit tous: le goût de l'effort, l'attachement à des valeurs fortes, comme l'honnêteté, le courage, la discipline, le respect du travail ....
Même si une grande part d'entre eux firent carrière dans les Arsenaux de France, nombre d'entre eux tentèrent l'aventure dans le privé, parfois dans des disciplines totalement différentes.
Commerces, Industrie, Enseignement, Armée, Police, Para Médical, et même dans le monde artistique (éclairagistes de théâtre, éditions etc...
Issus de chez JUAN ou pas, ils ont acquis ces valeurs de l'enseignement technique qui permettaient certes d'avoir un Métier (important, pour les gens de milieux modestes dont nous étions TOUS issus), mais aussi des Hommes; La cérémonie du lever des couleurs, le matin, même sous la pluie ou le "djilali", au garde à vous: ça ne s'oublie pas.
On était peut-être des "pauvres" (en majorité) mais on n'allait pas jeter des parpaings sur les CRS, ni brûler des voitures.
Voilà mes souvenirs, et ce qui me rattache à mes Amis de Delmonte.
Bien entendu je t'autorise à passer ce message à mes anciens compagnons.
Y que se mueren los féos, comme dit Antoine ALBALADEJO, qui m'a forcé à m'inscrire aux Anciens d'Ardaillon, moi qui n'y ai aussi jamais mis les pieds.
De la même manière, j'accepte l'honneur que vous me feriez, moi l'HLM GAMBETTA et LESCURE de me compter parmi vos amis.
 
Robert PEREZ
Tous étaient sympa d'ailleurs mais d'autres plus que la moyenne;
encore une pensée particulière pour ce que je viens de citer.
Mais y en avait-il d'autres de DELMONTE, dans ma promotion,56-59 (3N et 3S), ainsi que dans les 57-60(2N et 2S) et 58-61(1N et 1S) ?
Robert HLM GAMBETTA et LESCURE

 

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Jacques Combes

 complétés par Marguerite Gimeno

Mon pâté de maison

Bonjour,
Tu souhaitais avoir des renseignements afin de compléter au maximum le site de notre quartier, je t' adresse ceux-ci à toutes fins utiles.
 Il va sans dire qu' ils sont puisés dans mes souvenirs restés intacts, mais pour une période que certains des visiteurs du site n' ont peut-être pas connue puisque plus jeunes,et évidemment pour un secteur qui m' était particulièrement familier. Ainsi on a l' habitude de dire de certaines personnes qu' on les a vues naître, je dirai que je les ai connues bébés, telles Réjane et Maryse Martinez ou encore Jocelyne Llorens et... Bien d' autres.
Bien entendu ces renseignements, détaillés et longs, si tu les exploites, vont t' obliger à modifier quelque peu le plan du Bd. Vauchez du moins dans sa partie vers la rue de Louvain qui était toujours Delmonte.
 
Extraits:
Tout d' abord dans l' immeuble à l'angle du Bd.Vauchez et Av. De Sidi-Chami(celui qui apparait actuellement passablement délabré), je m'étonne que les filles ayant fréquenté l'école de Delmonte n'aient pas gardé le souvenir de cette figure emblématique qu' était l' institutrice Mlle. Giraud devenue par la suite Mme. Irlès.
Plus loin ou était la coiffeuse Mme.Molinier,dans la cour, l'atelier de vulcanisation c' était François Garcia. Monsieur Pla (et non Pra)était son beau-père;( Monsieur Pla habitait d'ailleurs en bas de la rue Dixmude, angle Bd.Pasteur, dans le même immeuble que la famille Batty ( qui avait 5 filles ) et à côté des frères Anton; et François Garcia habitait face à la poste, angle rue Dixmude et Tirman ).
 Revenons au bd.Vauchez où le marchand d' eau était M.Cassado. Le bar à l'angle Vauchez-Dixmude était M.Martinez (Manu, je crois et son fils Gérard).
A l' autre angle l' épicerie de Félix Siboun (et non Siboon) qui avait cinq enfants Gilberte, Fernand, Marcelle, Eliane et Renée .Dans cette maison qui était le n°75, vivaient également les familles:

 Gimeno: ( Andres et Amparo Gimeno, leurs 2 enfants, André et Marguerite et leur tante Felisa

et Martinez ( les glaciers Blanche-neige) 2 filles Réjane et Maryse.

et par l' entrée donnant 15 rue Dixmude la famille Blairon ( le fils Lucien était avec moi chez MM.Juan et Salvador),leur appartement jouxtait la brosserie.

La famille Blairon a été remplacée ensuite par 2 familles

Mr et Mme Cosso avaient 2 enfants: Etienne et X. Etienne était militaire, il s'est marié et a eu 2 enfants.

La famille Guirao: 2 enfants Annette et X. Arlette s'est marié à Oran et a eu un petit garçon Marc.

En face du 15 rue Dixmude, la famille Imbo, avec 2 filles et un garçon: Marie-Rose, Jeanine et Roger. Leur maison comportait un petit jardin intérieur avec une treille de raisins muscats.

 

Au 71, le magasin de confection de M.Belmudes qui était précédemment l' atelier de pneus-vulcanisation de la famille Anton-Gonzales.

 

Au 69, les frères Combes entreprise de construction-maçonnerie.

 

Au 67,maison qui se prolongeait jusqu' à la rue de Louvain (la frontière avec St.Eugène)il y avait M.Mondejar- el tio Antonio -torréfacteur et marchand de cacahuètes et "toraïcos", ( la famille Mondejar comprenait le grand-père Antonio , sa fille et son mari avec leurs 2 filles ).

Puis la boucherie Bentata "chez Gaston". 

Puis Velardo plombier-"ferblantier",disait-on alors. Ses filles Lucienne, Rosette et Yvette ont aussi fréquenté l'école de Delmonte.

Puis M.Blasco ( le Néné)qui avant, pendant et juste après la guerre 39-45 possédait une calèche et dont la femme vendait de la paille et des céréales par la suite face à l' école de garçons.

Puis les familles Treminio et Romboni et enfin, à l'angle de la rue de Louvain, l' épicerie de Mlle.Achard .Par l'entrée de cette maison rue de Louvain, la famille Pissambon dont l'un des garçons s'appelait Toinou.

 
En descendant la rue de Louvain, le marchand de vins Paulo Ségura, puis l'autre famille Ségura ( enfants Roger et Huguette), puis à l' angle de la rue Tirman, face à l'école de filles, le magasin d' articles scolaires et friandises de Mme.Marin (fille Jeanine) ( qui à chaque saison nous vendait des vers à soie et du papier pour faire faire les <<bilochas>>

Juste en face de l'ècole de filles vivait aussi une dame avec son fils ( Mme gouinsintger, qui après l'école nous faisait faire nos devoirs. Nous étions un petit groupe à aller en <<répétition>> chez elle vers 1949-1950.Je revois encore les mois de mai chez elle, les mois de Marie où elle fleurissait chez elle un petit autel dédié à la vierge.

 
En reprenant le Bd.Vauchez, cette fois côté des n° pairs:
L' immeuble Ramon, transporteur,abritait au RDC le dispensaire médical, et MMes. Cid et Garcia soeurs de M.Ramon. Le 1er étage était occupé par la famille Ramon (actuellement un allergologue), leurs enfants: Georges, Aline et ??, puis les Massa (je crois) et une autre famille.
Au 2 ème étage, les familles Asnar (fils Claude), Desbois (fils Alain), Chaudière ( fils Fernand) et Cohen vendeur de loterie (fils Henri et ??) .  L' entrée du garage Ramon se faisait par la rue Dixmude.
Au coin opposé, la famille Bentata les bouchers, puis Gonzales( le père), puis les ets.Vernier mécanique, fabricants des bennes Samson, puis famille Ivarra et enfin à l'angle de la rue de Louvain les Martinez, laitiers. 
Voilà donc pour cette portion de notre quartier dont j' ai beaucoup d' autres souvenirs de la vie au quotidien, et à des périodes différentes. Mais ne dit-on pas aussi: la suite au prochain numéro?
Cordialement,
J.Combes

 

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Blaise François FIGUEREO

Le 24 de la Rue Tirman

Cher Roger bonjour,
Ma belle-soeur et son mari, Alphonse Hernandez, Delmontois,et ami d'enfance, m'a parlé de ton site.
J'ai passé une bonne heure avec mon épouse, a rêver.
Tu as eu une excellente idée, et le résultat est remarquable. Afin d' y apporter ma contribution, je vais te donner les infos que j'ai sur le 24, rue Tirman.
J'y suis né, là, au 24 au rez-de-chaussée gauche, le 15 mai 1938 à 20 h--15.
Ensuite, nous avons occupé le 2em étage. Ce rez-de-chaussée fût occupé plus tard, par Mr Henri Benaïch qui créa là, sa boutique de prêt-à-porter à l'enseigne '' CHEZ-VOUS''
Henri Benaïch et sa femme Ester, eurent 2 enfants : Jean-Marc et Chantal. Jean-Marc est docteur en  pharmacie et biologiste.
Au rez-de chaussée côté droit, c'était Carlos Alméla bottier, originaire de Valencia,
Les appartements contigus aux deux commerces étaient occupés : à gauche, par Mr et Me Berger. Lui était directeur des établissements Massey-Harris du bd Hippolyte Giraud.
A droite par Francisco ( Paco) Navarro entrepreneur de maçonnerie.
Aux appartements du premier : à gauche les Bénaïche, à droite les Alméla.
Au second à gauche, nous les Figuéréo, à droite, Madame Ruiz (mère de Madame Lopez la boulangère de la rue Tirman) qui sous-louait une pièce à Toni Martinez, prof de gym à Ardaillon, qui avait bien connu le boxeur Marcel Cerdan.
J'avais un frère se prénommant Henri, qui est décédé en 2004.
Mon père Blaise, Pierre, Figuéréo était régisseur à la mairie d' Oran et fervent amateur d'haltérophilie.
Il pratiqua ce sport durant 22 ans au cours desquels, il se constitua un palmarès plus qu'honorable (records d'Oranie et d' AFN. Champion toutes catégories d'AFN) à 44 ans il pris en charge, à la demande de la Fédération française d'Haltérophilie, la formation des jeunes espoirs de l'haltérophilie Oraniene.Il est malheureusement décédé depuis 1992.
Il est vrai, que ce sport éminemment individuel, et très exigent, n'a jamais attiré les foules. Néanmoins je dois reconnaître que mon père a été pour moi, un exemple de ténacité et de constance dans d' effort.
J'ai épousé en janvier 1961, Paule Martin qui habitait au 2 Bd Vauchez,( fille de l'ébéniste)  nous avons eu une fille Michelle née en 1962 à Saint-Eugène, et un garçon Blaise Candide né à Toulon en 1963.
Je suis convaincu que cette rue Tirman et ce quartier de Delmonte, nous a apporté à tous, quelque chose d'indéfinissable qui nous a servi au-delà de tout ce que nous pouvions imaginer. Plus j'avance dans la vie, et plus ce sentiment m'apparait comme une indiscutable réalité.
A bientôt peut-être ; avec mes affectueuses pensées
Blaise François FIGUEREO    
  

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            Claude GARCIA  de  Victor - Hugo

                  Le Patronage de Delmonte


Le père Marc était un prêtre franciscain à robe de bure à qui l’on a attribué des réalisations et des actes digne des bâtisseurs de cathédrales. Je me souviens de lui comme étant un curé sec et sévère dirigeant l’église de Delmonte, où, j’ai fais ma première communion. J’ai un meilleur souvenir du père Christophe un autre père franciscain qui le secondait, ainsi que de l’Abbé Esposito, de l’Abbé Garcia mon frère aîné.
Nous vivions dans nos quartiers un peu la même situation que celles qui se déroulait dans la film « Don Camillio ».
Les hommes, en général communistes bouffaient du curé (Pitafero), mais ils avaient un profond respect pour la vierge Marie qui représentait, à leurs yeux, « la mère de tous ».

Anecdote : le 15 Août était organisé par les marins pêcheurs une procession de la statue de la vierge Marie, lorsqu’elle passait dans mon quartier les hommes se découvraient, croyants et Athées confondus.

Les curés n’étaient pas les bienvenue à Bastié ou Victor Hugo, bastion athée.
Je me souviens avoir été l’un des rares garçons de ces quartiers à suivre le catéchisme de Madame Maréchal, parce que mon frère Joseph par vocation tardive était devenu séminariste.

Mes parents étaient catholique mais non pratiquant.

       

Le patronage de Delmonte a été pour moi une source de découvertes, d’évasions et d’amusements, dont, j’ai gardé de très bons souvenirs de camaraderies ( Lions toujours!.., Vainqueurs. )

                    

 

 

 

Louisou GUIRADO  Brd Pasteur

                  Mon Grand Père

mon grand père n'était pas un sportif, ni un instit, mais un MONSIEUR.
  Tout le monde le respecter dans le milieu
de son travail, ainsi que  ses voisins.
Son nom hyacinthe ARROYO,  né a perregaux  à la ferme blanche  ( lieu dit ), le 6 décembre 1883, son père était horticulteur.
J'oubliais de mentionner  que le père de hyacinthe s'appelait Iose ARROYO, et sa mère isabelle de MONTESINOS.
Un peu de détail, le site DE DELMONTE viendra peut être au secours de ma famille pour LA  GENEALOGIE
Revenons à HYACINTHE  et à  sa famille qui  partirent à  SIDI-BEL-ABBES  rue calle del sol,  c'est la qu'il a appris le métier de forgeron.
Il se maria avec PASCALE ARROYO,  ils eûrent 2 filles isabelle (ma mère encore en vie  92 ans) et louisette EPOUSE DE FERNANDICO.
Ils  habitaient  15   boulevard   PASTEUR    juqu'en 1961.
En 1932,  LA BRASSERIE ALGERIENNE  ORANAISE qui  livrait  avec des voitures  à  chevaux , avait besoins d'un forgeron.
Hyacinthe fit l'affaire.
J'ai  eu la chance  de le voir travailler, quelque fois  j'entrais avec lui  dans l'antre de cette immense usine.  J'avais 9 ans,
les problèmes de sécurités commençaient.

J'étais prévilégier, par contre motus et bouche cousus,

je devais me faire tout petit dans un coin de la forge immense avec 3 bouts de planche, quelques clous et un marteau
Mon grand père avait plutôt une morphologie  petit gabarit, mais tout en muscle.
Il avait comme compagnon un hercule, le marteau  pilon qui soulevait la masse et frappait comme un métronome à l'endroit précis.
le rôle de mon grand père  était de  présenter le bout de fer rouge cerise éteincelant sorti du foyer, et comme un maestro
lui donna sa forme définitive aux sons des marteaux .
LOUISOU  GUIRADO   PETIT FILS DE HYACINTHE

 

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Henri  MARTIN

              Les Transports en commun sur Delmonte  

  

1898

 Le 5 juin, décret déclarant d’utilité publique un réseau de tramways électriques, et approuvant une convention du 2 mai précédent, fixant les caractéristiques du réseau, qui sera exploité par la Compagnie des Tramways Electriques d’Oran.

La Compagnie des Tramways Electriques d’Oran fait partie du groupe Les Exploitations Electriques, concessionnaire de divers réseaux français.

1926

 Le 21 août, un décret approuve une nouvelle convention, constituée par un avenant du 10 mai, auquel est annexé un cahier des charges du 15 juillet 

1924.

Cette convention prévoit, entre autres, la construction de lignes nouvelles, dont celle de Delmonte - Bastié (future ligne 7).

La ville d’Oran se substitue à l’Etat comme autorité concédante.

1936

 Le 5 janvier, avenant concernant le prolongement des lignes de Delmonte, Eckmühl et Gambetta.

1940

 Le 12 décembre, avenant prévoyant le report des têtes de lignes de la place Foch à la place Karguentah.

1950

 Avenant du 8 novembre, entérinant la décision de remplacement complet des trams par des bus.

1951

 Le 2 décembre, les bus prennent le relais  sur la ligne 7 desservant  Delmonte, dernière ligne  exploitée par les trams : la fin des trams d’Oran…avant le Retour au 21ème siècle !

 A cette occasion, la place Foch retrouve les terminus de la quasi-totalité des lignes urbaines.

1953

 Dans la situation du réseau, fournie par la revue UVF d’octobre 1953, on trouve les 2 lignes :

  2 - Place Foch - St-Eugène - Delmonte (circulaire)                                  

12 - Place Foch - Delmonte - St-Eugène (circulaire)             

    Pour les deux lignes : durée de parcours   26 min   et fréquence  30 min.

1957

 Dans le réseau indiqué par le plan POL édité au 1er trimestre de 1958, on trouve pour Delmonte :

- la ligne 2 :  Place Foch - Place Théus, avec une boucle parcourue dans les deux sens par St-

  Eugène, la rue Vézerat et l’avenue de Sidi Chami. La ligne 12 a donc disparu et la ligne 2 

   parcourt la boucle St-Eugène - Delmonte dans les deux sens.

- l’avenue de Sidi Chami est parcourue par trois nouvelles lignes : 9/19/29, qui n’existaient  pas en 1953.

 Matériel utilisé

 Pour les trams, la ligne 7 a surtout été desservie par des motrices plus puissantes que le matériel d’origine du réseau et apparues au plus tard en 1914. Caractéristiques techniques de la caisse :

- face frontale à 4 carreaux dont 2 en coin ;

- compartiment à 4 grands carreaux avec arrondis doubles, les deux carreaux extrêmes étant de plus coupés en deux verticalement ;

- un petit carreau en avant des accès.

20 motrices de ce type figuraient au parc, numérotées probablement de 41 à 60.

 Pour les bus, le matériel classique Renault type R 4230 à 3 portes, dont Oran a acquis 40 exemplaires en 1951.

Des Chausson type APV ont peut-être circulé à Delmonte, à partir de 1956, année où Oran en a reçu 18.

 

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Jules CAISSO

Le Normandie

         Comme promis, je vais te raconter l' histoire de cette maquette du Normandie réalisée par mon père.  

         C' est  grâce à mon grand frère Julien que je peux le faire.                   Mon père était un très grand et bon bricoleur. Son rêve était d' avoir son propre garage et dans l' attente, il s' était équipé. 

          Malheureusement la guerre puis le décès accidentel de notre mère changèrent ses plans.

          Je n' étais pas encore née qu' il avait sa propre voiture : une  carcasse récupérée grâce à de très grands amis (delmontois), dans la cour d' une  ferme d' un de leur proche et qui servait de poulailler. Il l' avait toute retapée, refait le moteur, habillé l' intérieur. Il avait également construit une caravane et s' était  servi du modèle de système d' accrochage des wagons (il travaillait à la SNCF alors CFA) pour en reproduire le même.

           En 1930, année du centenaire de l' Algérie, il construisit une maquette de l' Oiseau blanc, avion de Charles Nungesser et F. Colli.          Au début de la guerre, il réalise d' après un modèle réduit, une maquette agrandie de l' avion Bristol B17. Ces avions étaient capables de voler. José Serra se souvient de ce dernier avion construit à Delmonte, il m' en a parlé dans l' un de ses messages.

          L' histoire du Normandie, dont il ne possédait hélas, aucune photo, commence par la construction d' une maquette  du Ville d' Alger, qu' il décide de reproduire en 1943/44. La coque  est creusée  dans une bille d' okoumé rapportée par mon parrain monsieur Pardo. Pour différentes raisons le bateau ne fût jamais terminé.  

           Quelques années plus tard, en 1948/49, il réussit à avoir une photo du Normandie, longue d' environ un mètre et pas très large (je la revois  dans ma tête). Il reprend alors le Ville d' Alger et le transforme en Normandie. A l' intérieur de la coque il installe un petit moteur acheté aux "puces" qui entraîne les hélices et allume les lumières, ainsi qu' un vibreur pour les sirènes. Le tout fonctionne en 110 volts.  

         Comme tu peux le voir sur la photo, le Normandie trônait sur notre cheminée de la salle à manger. Je revois mon père l' installer sur cette cheminée et devant nos yeux ébahis  le mettre en route, allumer les lumières. Les hélices tournaient, les sirènes mugissaient  .....nous avions éteint le lustre ....... cela devait se passer vers 1950, j' étais toute jeune mais je ressens toujours cette petite émotion.                  Cette maquette existe toujours mais je ne l' ai pas revue depuis de longues années. C' est à mon frère Julien que mon père, avant sa mort, l' a donnée afin que lui-même la remette à son fils Philippe.         Voilà l' histoire de ce bateau. Si tu veux la mettre sur le site de Delmonte cela me ferait plaisir. 

     Au sujet du Normandie, il m' est revenu un souvenir.

          En 2004, notre amicale de pieds-noirs, a organisé un voyage en Auvergne. Sur la route de notre circuit nous nous arrêtons à Clermont Ferrand pour une brève visite. Le car nous laisse sur un parking et tout en rejoignant à pieds la cathédrale, le guide en profite pour nous montrer quelques jolis coins de la ville. Arrivés sur une petite place proche de la dite cathédrale tout en regardant autour de moi, mes yeux se posent sur la vitrine d' un antiquaire et là je reste bouche-bée : en vitrine se trouve une maquette de bateau, en le voyant je m' écrie : c' est le "Normandie" ! Tous me regardent étonnés, moi je me dirige avec des collègues vers le magasin, il s' agissait bien du Normandie. Et toute fière, je leur ai donné la clé du "mystère" : "je l' ai reconnu parce que nous avions à la maison la maquette de ce bateau et c' est  mon père qui l' avait faite. Celui-là je ne sais pas, mais le notre avait les lumières qui s' allumaient, les hélices qui tournaient et les sirènes qui mugissaient. "         J' étais fière, mais tant d' années après, revoir ce bateau, cela a remué et ravivé tant de souvenirs, que durant un moment je me suis sentie "ailleurs".          Voilà, je voulais te raconter cette petite anecdote liée à ce fameux bateau.                

 Amicalement,                  Danielle Caisso ( Meyer )

 

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Le  Toréador

Lolo ESPOSITO

A ceux de mes amis  Delmontois, qui se poseraient des question en voyant cette photo.

Je leur dois une explication : Lorsque je suis parti d'Oran, j'ai  atterri comme beaucoup de nos compatriotes en Espagne.

Arrivé là-bas, " la  " faim " justifiant les moyens" je pris le premier job offert, qui se trouvait être garçon d'écurie dans une arène.

Cela n'était pas pour me déplaire, j'avais une certaine expérience, en effet, j'avais fait la pantomime sur un fût dans l'arène d'Eckmulh.

Mais cet emploi n'était qu'un tremplin vers la gloire.

Très vite je franchis tous les échelons pour finalement recevoir l'alternative dans l'immense arène de Madrid .

Pour ceux qui seraient étonnés de n'avoir jamais entendu parler du matador Esposito l'histoire est simple.

J'ai fait pratiquement toute ma carrière au Mexique, ou j'ai sévi dans toutes les arènes de ce pays sous le nom de " El  Pillo " . 

Amis Delmontois si un jour vous allez au Mexique demandez après 

" El Pillo " vous serez surpris des réponses .

 LOLO

 

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Monsieur Juan ( 49/50 )

Jean-Paul Ruiz

Bonjour Roger, j'espère que tout va bien pour toi et ta famille.     Lorsque Jean-François RAMOS a envoyé son message depuis les USA, en date du 21/02/07, une foule de souvenirs ont émergé de ma mémoire.     Je suis allé en classe avec Jean-François (Jeannot) à Delmonte pendant plusieurs années scolaires dont la dernière (1949/50) était celle du CEP, chez M. JUAN.     Cette dernière année dans le primaire m'a beaucoup marqué, c'est pourquoi il me plaît aujourd'hui de relater quelques péripéties vécues dans cette classe.     Nous étions 60 élèves dont la majorité était de l'année 1936 ; il y avait aussi une dizaine d'élèves de 1937 qui devaient attendre l'année suivante pour passer le CEP : Julien CARRILLERO, Gilbert ROS, Roger BONILLO, Yvon LIROLA, Michel MARTINEZ, Jean MAESTRE, DENEUVILLE, GONZALVEZ, MARCHAISE, Lahouari DIDA et Etienne GIVORD (né en 1938). Le père de ce dernier, entrepreneur de menuiserie à Gambetta, avait fabriqué et offert gratuitement les fameuses séparations que nous avions sur le pupitre entre les deux élèves d'un même banc et que nous avions inauguré cette année-là.     Dans cette classe, M. JUAN avait admis des élèves émanant de l'école de St-Eugène (Yvon GARCIA, Marcel GAUDIN, Jean MARIN, Didier QUESSADA et René AMOROS). Il y avait aussi des élèves venant de Gambetta : Alfred CARA, Thomas MARTINEZ et Etienne GIVORD. Deux autres élèves venaient de "l'intérieur" : Gilbert ROMA, d'Aïn-Temouchent, hébergé chez des parents bd Gauthier, à proximité de la Villa des Roses et RAMIREZ (prénom oublié) de Tiaret, hébergé chez des parents rue Montgolfier.     Cette année-là, M. JUAN a présenté 50 élèves au CEP dont six élèves étaient chez M. SCHNEIDER qui avait inauguré la classe post-CEP, préparatoire aux concours d'entrée à Ardaillon(section industrielle et commerciale) DCAN, SNCFA, Dellys, Rochefort,cours complémentaire Karguentah, etc ... Ces six élèves étaient : Geoges WIEDRICHT, Jean-Pierre MARTINEZ, ANDREU, CALLEJON, GRIMALDI et OLIVES.     Les 50 élèves présentés au CEP ont tous été reçus ; M. JUAN récidivait le succès obtenu l'année précédente (1948/49) également avec 50 élèves, année où mon frère Claude s'était classé le premier de la ville d'Oran ainsi que le premier par ordre de mérite au concours d'entrée en 4ème commerciale Ardaillon.     L'année que j'ai passée chez M. JUAN fut très studieuse et intense en ce qui concerne l'amplitude des heures de classe surtout les trois derniers mois avant l'examen du CEP pendant lesquels nous avions plus d'une dizaine d'heures  de cours tous les jours sauf le jeudi après-midi et le dimanche. Le jeudi après-midi, certains élèves devaient aller faire du jardinage chez M. JUAN, rue Kitchener.     Deux jours avant de passer l'examen du CEP, afin de relacher un peu la tension intellectuelle à laquelle nous étions soumis depuis trois mois, M. JUAN avait loué un car et nous avait emmenés passer la journée dans la forêt de Canastel. Pour notre repas, aidé de quelques élèves, notre directeur avait préparé une paella au feu de bois. Ce fut un succulent repas. L'après-midi, nous avions été conviés par Mme CHABASSEUR, l'épouse du banquier qui éditait les billets de la Loterie Algérienne, dans sa splendide propriété de Canastel ; elle  avait offert une collation dans son jardin à tous les élèves.     Voila les principaux souvenirs que je me suis plu à écrire pour les Delmontois. Il me semble, eu égard à la mémoire de nos enseignantes et enseignants, afin de leur rendre hommage, que celles et ceux qui ont gardé en mémoire des souvenirs d'évènements particuliers ou insolites qu'ils ont vécu à l'école de Delmonte (idem pour le patronage) les relatent dans ce site.

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Un Delmontois à l'autre bout du monde

Antoine Rubio 

Un Delmontois à l'autre bout du monde

Le hasard de la vie a fait que moi Rubio Antoine de Delmonte ai marié ma fille à un neo zealandais, et au cours d'une ballade dans ce beau pays (probablement , le plus beau du monde ...après Oran ! ! ! !) je me suis retrouvé précisément à Oran !! C'est un collège de jeunes filles qui se trouve près de Wellington capitale de la N-elle Zealand, cela m'a fait tout drôle et m' a rendu un instant nostalgique....je n'ai pu avoir d'explications;  le collège était en vacances
 

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Rencontre de 2 Delmontois à l'autre bout du monde

Antoine Rubio et Arbal

voilà pour la rencontre avec le neveu d'Arbal.    

Je me trouvais récemment à Liverpool  près de Sydney  ( Australie ) je marchais dans une grande rue,  tout en bavardant avec ma femme, lorsque j'entends derriére moi  "tiens il y a longtemps que je n'ai pas entendu parler français !" je me  tourne et la discussion s'engage.

  moi : vous êtes français ?  

lui : oui mais pas de France, d'Algérie  

moi : moi aussi je suis d'Algérie d'Oran  

lui : moi aussi  

m:  moi je suis de Delmonte  

lui : mon grand'père habitait Delmonte  !  

m : quelle rue ? lui : rue Kitchener  

m : mais j'ai habité rue Kitchener, comment s'appelait votre granhd'pére ?  

lui : Arbal  

m : Arbal ! mai c'était mon voisin, il n'y avait que les Mojica qui nous séparaient  et j'ai été en classe avec Robert  

lui : Robert  est le frère de ma mère !!!  

En fait je venais tout simplement de rencontrer le  neveu de notre ami Robert Arbal ; ce garçon que je venais de rencontrer,  j'ai du le  voir à côté de chez moi lorsqu'il était petit, comme quoi  le monde est petit,rencontrer un Delmontois à l'autre bout du monde ce n'est pas fréquent, cela m'a fait d'autant plus plaisir que ce garçon est pasteur de l'Eglise Anglicane "" ANGLICAN CHURCH  DIOCESE OF SYDNEY"":    

salut Roger à ++ Antoine

 

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Bijou, un chat pas comme les autres

Brigitte Chevalley

Bonjour Roger,
J'ai eu envie, moi aussi, de partager un souvenir de ma vie à Delmonte.
Alors voici :

Bijou, un chat pas comme les autres
Je n'étais plus vraiment un bébé mais pas encore assez grande pour juger
de ce qui était ou non dangereux pour moi. Je vivais dans la villa des
soeurs et je jouais dans la cour de l'école du père Marc. Je passais des
heures à faire du tricycle dans ce lieu protégé. Le gros problème c'est
que pour la fillette de 3 ans que j'étais, je ne faisais pas la
différence entre le chat siamois de l'épicière, madame Guillem, qui se
baladait tranquillement sur le toit du cinéma et les féroces lions que
j'avais dû voir dans un film de Tarzan,  sur la télé noir-blanc  de mes
parents!!!
Cela peut prêter à rire mais j'étais réellement terrorisée. Dès que
j'apercevais la "bête" je me mettais à hurler et ma mère, alertée par
mes cris, accourait. Cramponnée au tricycle et tétanisée par la frayeur,
je ne devais mon salut qu'à maman qui n'avait d'autre solution que de 
faire rentrer à la maison le combiné "enfant + vélo" afin de me calmer.
Comprenant que ma peur pour la race féline ne s'arrangerait pas de sitôt
si une idée n'était pas rapidement trouvée, maman chercha comment y
remédier. La solution vint de la coiffeuse où maman allait faire sa
permanente, boulevard Vauchez. La chatte siamoise de celle-ci venait de
mettre bas et elle en offrit un pour la petite trouillarde que j'étais.
Là, mes craintes tombèrent devant ce doux bébé chat qui conquit
immédiatement  mon coeur. Je le baptisais Bijou. C'était le tout premier
animal de compagnie que nous avions. Pour faire bon poids, mes parents
adoptèrent une petite chatte noire afin que ma soeur aînée eut le sien
aussi. Les mois passèrent et ma peur des chats aussi.
Puis vinrent les périodes critiques, dont je n'ai aucun souvenir. Les
attentats, les manifs, les menaces, le danger. Il fallut partir vite,
très vite. Choisir ce que nous allions emporter avec nous. Les valises
rapidement pleines, nous ne pouvions pas nous résigner à abandonner sur
place nos 2 jeunes compagnons de jeux. Les chats furent donc mis dans un
panier en osier et, chargé comme des mulets, nous prîmes la direction du
port d'Oran afin de prendre le premier bateau, en l'occurrence un bateau
de la marine marchande, en partance pour Marseille. C'était le 7 juillet
1962. Le père Marc  avait conseillé à mes parents de laisser nos meubles
et nos affaires sur place et les avait assuré  qu'il se chargerait de
faire transporter tout cela par container, ce qu'il fit. Grand merci
pour cet homme généreux.
De Delmonte à Marseille en passant par Paris, puis pour finir à
Montpellier, Bijou, mon merveilleux chat siamois qui nous avait suivi
partout, qui m'a appris à aimer les animaux, s'est éteint de sa belle
mort un soir d'hiver. J'ai pleuré son départ et aujourd'hui encore mes
larmes coulent lorsque je me souviens de la douceur de son pelage, de
ses coups de langue affectueux, de sa gentillesse. Il lui manquait que
la parole et pour sur qu'il aurait eu l'accent pied-noir si cela avait
été possible. L'accent du lieu de sa naissance, Delmonte.
Brigitte Chevalley-Soria


 

 

Le ressentiment d'un exilé

André Sansano

Dans une contrée lointaine, à l'époque française
Il s'éveilla là-bas un beau jour de mai
Qui alors aurait cru, à l'aube de sa vie
Qu'il connaîtra, hélas, la grande déception
De perdre ses racines le mettant mal à l'aise
De quitter son pays et cela à jamais
De vivre sans espoir en conservant l'envie
D'y retourner un jour.Triste désillusion.
*
Son âme en désarroi en lui brisant le coeur
Voulant se libérer tel un oiseau en cage
Cherche dans ses pensées les causes qui l'accablent.
Elle souffre en silence gardant pour elle sa peine.
Et son ressentiment marquant une grande rancoeur
Affaiblit le moral d'un être vieilli par l'âge,
Qui recherche en vain le fait d'être coupable,
Et supporte en silence le poids de sa déveine.
*

Et dire qu'il fut trahi par de fausses promesses
Auxquelles il avait cru. Oui cette voix honnie
Emanaît d'un Pilate et elle raisonne encore
Au creux de son oreille << Sachez qu'ici la France
Restera éternelle ça je vous le confesse >>.
La turpitude suivra avec le compromis
D'Evian qui larguera dans un triste décor
L'oeuvre de ses ancêtres et pour lui la souffrance

De fuir dans la terreur ces lieux sans avenir
L'heure du départ sonnant à son dernier soupir
La nostalgie présente de sa ville d'Oran
Partira avec lui. Alors viendra la trêve
Et la fin de l'exil. Adieu beau souvenir
Emporte dans l'oubli l'image d'un sourire
De sa ville de naissance où règne le coran
Car il vécu chez elle une jeunesse de rêve.

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Réservé à mes amis delmontois

Antoinette Gomez

le 29.01.09 / Exclusivement réservé à mes amis Delmontois.
Je crois même que nous étions franchement heureux ... Nous pouvons dire effectivement, que nous sommes les survivants d'une belle époque et que nous avons tous au fond de notre coeur un merveilleux quartier : il n'était pas riche, pas aussi beau que les champs élysées mais qu'est-ce qu'il était beau notre Delmonte ; les garçons qui sont nés dans les années 40/45 doivent se rappeler des "Montanicas" situées au bout de l'avenue sidi chami, elles commençaient à l'endroit même où ils ont ensuite construit le bel immeuble de la sécu avec ses glaces vertes (qui ne résistaient pas bien longtemps aux pierres de ceux qui n'aimaient pas beaucoup le vert à l'époque - et je crois que nous n'étions pas nombreux à l'aimer) ces montanicas s'étendaient vers les rails des chemins de fer (ils y ont ensuite construit le lycée de Lattre de Tassigny et la poste).
Vous avez vous les garçons joué très certainement au Carrico à roulettes ; moi non je ne sais pas nager : pour éviter que je ne me noie, je ne montais pas en patins pour éviter de tomber, je ne grimpais pas sur un parapet pour ne pas me blesser, dois-je vous dire tout ce que je ne sais pas ? Ce serait bien plus rapide que je vous dise
ce que je sais faire : Rien à part lire, écrire et regarder mon beau quartier peut-être pas très chic mais c'était le mien.    

 amitiés   antoinette

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Delmonte notre Quartier

Jean-Paul Ruiz

le 22.12.17 / Souvenirs de notre Jeunesse. 

DELMONTE, NOTRE QUARTIER

 

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